Home Histoires & Témoignages Mes Gbês Si vous ne voulez plus de nos enfants , ramenez-les-nous Vivants !

Si vous ne voulez plus de nos enfants , ramenez-les-nous Vivants !

261
0

Cette semaine, une nouvelle m’a bouleversé et devant DIEU, je suis en colère et sans voix devant la cruauté humaine.

L’histoire d’Alexandra M’badama n’est pas qu’un fait divers tragique. C’est une révolte, une douleur brute, un choc qui rappelle que l’innocence est parfois trahie là où elle devrait être le plus protégée.

Disparue en décembre dernier, Alexandra a été retrouvée sans vie à Grand-Bassam. Derrière les indiscrétions qui font état d’abus sexuels et d’assassinat, se dessine une réalité insupportable : une vie d’enfant brisée, un féminicide de plus.

Les zones d’ombre d’une tragédie

Si nous plaçons notre entière confiance en la justice ivoirienne et en l’autorité du Procureur de la République pour faire toute la lumière, le citoyen, lui, ne peut rester muet face aux zones d’ombre qui entourent ce drame.

Comment comprendre qu’un parent, garant naturel de la sécurité de son enfant, devienne introuvable face à la justice, alors même que la présomption d’innocence demeure un principe fondamental ?

Ta fille est victime et toi tu te caches ? Ahiiiii tu te reproches quoi ?

Le silence et l’absence nourrissent l’incompréhension. Seule la vérité judiciaire pourra lever le voile sur ces interrogations légitimes.

L’enfant n’est pas un exutoire

Au-delà du cas Alexandra , cette affaire doit servir de détonateur social. Il est temps de le dire : nos enfants ne sont ni des armes de guerre psychologique, ni des monnaies d’échange, encore moins des exutoires à la rancœur des adultes.

L’instrumentalisation de l’enfant dans les conflits parentaux est une dérive que nous ne pouvons plus tolérer. À ceux qui sont submergés par la haine ou le désamour, le message doit être clair : si vous ne voulez plus d’un enfant, confiez-le, rendez-le à la famille ou aux institutions, mais par pitié, ramenez-le vivant.

Ce n’est pas un mouton qui mérite d’être sacrifié. Vous prenez nos enfants vivants. Ramenez les Vivants.

Rompre le silence pour que justice soit faite

En tant que mère, mes prières accompagnent celle d’Alexandra pour qu’elle trouve l’apaisement. Mais la prière ne suffit pas . Elle doit s’accompagner de vigilance.                Les langues doivent pouvoir se délier afin de donner des pistes sérieuses aux enquêteurs .

À chaque enfant qui souffre dans l’ombre : ton silence est ton premier oppresseur. Parle, alerte, signale. La Côte d’Ivoire dispose de mécanismes pour te protéger.                         
Le 116
, numéro gratuit du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), est une ligne de vie pour dénoncer la maltraitance, les abus et l’exploitation.

Repose en paix, Alexandra. Ta mort ne sera pas classée au rayon des oublis. Elle doit être le point de départ d’une prise de conscience nationale. Car pour toi, et pour tous les autres, justice doit être rendue !