The Woman King : La femme est plus forte qu’elle ne le pense

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Après avoir regardé le teaser et entendu les retours sur YouTube, j’ai décidé d’aller voir le film The Woman King le dimanche 30 octobre 2022 au Majestic Ivoire.

Sorti en salles depuis le 09 septembre dernier, « The woman king », est un film américano-canadien réalisé par Gina Prince-Bythewood et produit par la célèbre première femme noire sacrée meilleure actrice aux oscars en 2017, Viola Davis et son mari Julius Tennon.

D’un budget de 50 millions de dollars, le film a été un succès aux États-Unis et a atteint 65 674 734 dollars au box-office mondial en octobre.

The Woman King  est l’histoire extraordinaire des Agojié, une unité de guerrières qui protégèrent le royaume de Dahomey au XIXème siècle en Afrique de l’Ouest. Inspiré de faits réels, The Woman King suit le destin de la Générale Nanisca, qui entraîne une nouvelle génération de recrues et les prépare à la bataille contre un ennemi déterminé à détruire leur mode de vie.

Je suis arrivée vers 14h. J’ai pris mon ticket et j’ai attendue. Le temps de profiter du cadre et de la climatisation. Mon cher.

15h 30, je me dirige vers la salle .Y’a du monde .Je suis dans le rang .Je suis impatiente.

Enfin, je suis dans la salle .Je cherche une bonne place où on va pas me déranger parce que ya des voisins aussi .Ils se lèvent pour sortir pour revenir .On ne sait même pas ce qu’ils  cherchent et je voulais pas être dérangé petit même .

Bon, ça commence .Les premières images, ce sont les Agojie qui attaquent leurs ennemis détenant des prisonnières. Je suis captivé en même temps. Le film se  poursuit avec des scènes  de résistance, de doutes, mais aussi de larmes , de confession .Bref , je suis concentrée .

L’histoire

En 1823, le royaume de Dahomey est en butte aux ambitions menaçantes de son voisin plus puissant, le royaume d’Oyo, auquel il doit verser un tribut annuel. De plus, la richesse du Dahomey repose en partie sur le commerce d’esclaves capturés parmi les populations voisines, un cercle vicieux qui affaiblit l’ensemble des royaumes africains. Le Dahomey possède une unité de guerrières, les Agojie. À la suite d’une victoire à la Pyrrhus qui a coûté la vie à de nombreuses guerrières, la générale Nanisca entraîne une nouvelle génération de femmes, dont fait partie Nawi. Nawi est une orpheline, qui est conflit permanent avec ses parents adoptifs à cause de ses opinions. Donnée en mariage, elle va refuser de se marier à un homme plus âgé qui  menaçait de la battre. Attirant la colère de son père, celui çi va la conduire au palais du roi . Nawi va découvrir le quotidien des Agojie, qui forment une unité d’élite exclusivement féminin où le célibat est de règle. Elles vivent au palais du roi et  constituent la garde rapprochée. En compagnie de deux autres jeunes filles, Nawi va apprendre à s’entraîner grâce aux conseils d’une guerrière plus expérimentée, Izogie. Nawi qui peine à se plier à la discipline stricte des Agojie est toujours dans le collimateur des remontrances. Mais sa  marque à l’épaule gauche révèlera qu’en vérité, elle est la fille du général Nanisca. Elle l’a contracté la grossesse lors d’un viol qu’elle avait subi.Elle s’est donc vu obligée d’abandonner sa fille à cause des règles strictes fixées aux Agojie . Mais avant de laisser son enfant, elle a fait une marque.

Les Agojié, les guerrières d’Afrique de l’Ouest

Agojie ou Agon’djié (ce qui signifie Ote-toi de là ou fais-moi place en langue fon-gbe, l’une des langues de l’ancien royaume du Dahomey et donc de l’actuelle Bénin.), les Agojié ont réellement existé. Ces guerrières d’Afrique de l’Ouest ont contribué à la puissance militaire du royaume du Dahomey aux 18e et 19e siècles face aux troupes françaises.

Troupes d’élites, elles étaient entraînées et conditionnées à l’art de la guerre. Dans un royaume qui reposait sur une société patriarcale où les femmes étaient exclues des instances décisionnaires, elles étaient importantes sur le plan miliaire.

Crâne rasé, habillé de longues tuniques bleues, ces 4 000 guerrières vont protéger le royaume du Dahomey pendant des siècles, jusqu’à l’arrivée des troupes françaises, lors des guerres coloniales du XIXe siècle.

Elles seront repoussées par les forces françaises , rejoint par la Légion étrangère en 1892.Le royaume du Dahomey est placé sous protectorat français et le nouveau souverain, Agoli Agbo, dissout le corps armé des Agojié. Même si leur nom est mis aux oubliettes , mais l’histoire retiendra le courage et de l’audace des Amazones du Dahomey.

L’intérêt et le succès que suscite ce film montre ainsi que notre histoire en tant qu’africain peut intéresser et que surtout a de valeur. Il serait temps que nous puissions nous y mettre .

Les Amazones du Dahomey © Wikipédia

Le casting

Le directeur ou la directrice de casting a eu le nez creux en portant ses choix sur ces acteurs.

Première actrice noire a obtenir un oscar, je pense que le choix était fait à dessein .Viola Davis dans le role du générale des Agojie Nanisca .
L’orpheline Nawi qui a été interprété par la jeune actrice sud-africaine, Thuso Mbedu.
La britannique Lashana Lynch qui avait dejà joué dans docrotr strange , captain marvel et j’en passe qui pour cette fois était la mentor de Nawi ,Izogie, Sheila Atim , Amenza, une Agojie vétérane,John Boyega, le roi Ghézo , Hero Fiennes-Tiffin ,Santo Ferreira, le  marchand d’esclaves portugais , Jordan Bolger  ( celui qui va être amoureux de Nawi ) Malik, frère de Santo Ferreira ,Jimmy Odukoya dans le rôle du méchant Oba Ade, général du royaume d’Oyo, Masali Baduza : Fumbe, jeune Agojie, amie de Nawi .La diva  ,Angélique Kidjo dans le role de la Meunon, Siv Ngesi : le Migan, général de l’armée des hommes , Jayme Lawson : Shante, épouse favorite de Ghézo. Je vais m’arrêter là .Le casting a été bien fait .Chacun collait avec son rôle.

Les scènes et jeux d’acteurs

Je ne suis pas une experte, je le sais, mais les scènes ont été très bien jouée. Nous avons ressenti de la colère, du courage et de la persévérance. J’ai ressenti chaque coup, chaque larme, chaque goutte de sang, toute la colère qu’il y avait, même à l’intérieur.

Les acteurs m’ont transporté, mais mon coup de cœur a certainement été celui où la générale Naniska est partie à la recherche de Nawi en captivité bien qu’elle ait désobéi et qu’elle risquât d’être bannie par le roi.

Cela a touché mon cœur et m’a rappelé les nombreux sacrifices que ma mère avait faits pour que j’en sois là. Bref, les répliques étaient parfaites. Surtout quand on sait que les actrices et acteurs du film se sont efforcés de parler correctement en langue fon-gbe et parfois en anglais proche du pidgin, parlé notamment dans les régions frontalières entre le Bénin et le Nigeria. Cela a été possible grâce à deux dames d’origine Béninoise : Carole Akpé Lokossou, comédienne directrice d’acteurs et ingénieure culturelle et Cornelia Glele, cinéaste et directrice du festival international des films de femmes de Cotonou.  La production leur a fait  faire appel afin que les jeux des acteurs soient plus réalistes .Elles ont réussi leur pari car le rendu était top . J’ai aimé.

Costumes  & Décors

Gersha Phillips ; la costumière du film s’est vraiment documentée. Elle a respecté l’époque.

Oui, oui. Elle n’a pas fait dans la dentelle même. Les coiffures, les cauris sur les vêtements, les tissus utilisés pour confectionner les tenues. Vraiment, elle a respecté le dress code.

Ce qui m’a vraiment fait plaisir, c’est de voir le pois Baoulé sur le vêtement de Naniska .ça, j’aimé . Les Baoulés, Oyeeeeee !

Akin McKenzie, le chef décor, a également tout mis en œuvre pour qu’on se sente vraiment en Afrique de l’ouest : les cases, le lieu d’entrainement des Agojié, le palais du roi, l’autel pour les rituels vaudous. Beaucoup de recherches et de travail ont été faits et c’est vraiment louable.

La musique

La musique du film a été composée par Terrence Blanchard, trompettiste, compositeur et arrangeur de jazz américain.

L’artiste sud-africain Lebo M. a également composé cinq chansons originales avec les contributions vocales de Dianne Reeves.

La chanson de clôture « Keep Rising » a été composée par Jesse Wilson et est chantée par Angélique Kidjo. Qui n’est pas étonnée comme moi que ça soit elle qui referme le rideau avec cette belle chanson ?

Encore une fois, beaucoup de recherches ont été faites ici car même dans les instruments utilisés, on ressentait le tambour et toutes les sonorités africaines.

Les leçons à retenir

  • Dans tous les domaines de la vie, vous devez vous former ;
  • Il faut avoir un mentor.Un bon mentor qui va vous diriger, vous donner de bons conseils et vous relever quand vous tomber .Car un jour, ça sera à votre tour de soutenir ;
  • Être discipliné et respecter les règles ;
  • Pour devenir une guerrière, il faut tuer ses larmes
  • Seul(e), on est faible .Ensemble, on est fort (e). Nous devons lutter ensemble;
  • Nous devons nous soutenir dans les épreuves pour aider l’autre à surmonter les épreuves ;
  • Un rituel doit être accompli avant chaque combat. Ça peut être la prière, ou la danse. Bref, un rituel doit être accompli avant d’aller au combat;
  • être reconnaissant envers nos bienfaiteurs ;
  • Une mère est prête à tout pour son enfant ;
  • Une femme déterminée peut tout conquérir ;
  • Faire des pauses occasionnelles pour célébrer nos victoires ;
  • Si elles ne sont pas guéries, les blessures du passé peuvent se reproduire et ruiner notre présent ;
  • Il faut savoir pardonner les erreurs de nos mères, elles sont humaines ;
  • Savoir se faire des ami ( e) s, de bon (ne)s ami(e )s ;
  • Retourner toujours à nos origines .Notre culture est importante pour retrouver nos repères.

J’ai passé un bon moment au cinéma. J’en suis ressorti requinqué et motivé à bloc .Je pense qu’on devrait faire souvent ce genre  productions pour montrer à la femme qu’elle n’est pas aussi faible qu’elle le pense. Elle a une force extraordinaire en elle et son opinion compte .Elle doit tout  simplement s’en rendre compte  et s’en approprier réellement.

Et puis, dans le fond , nous sommes toutes des AGOJIE. Nous subissons quotidiennement  des violences physiques, psychologiques, morales, verbales de la part des hommes, et même entre nous femmes. Mais la plupart d’entre nous, arrivent à tirer leurs épingles du jeu grâce à cette force intérieure de guerrière..

Alors mesdames, les épreuves, vous les aurez, encore et encore. Arrêtez de vous apitoyer sur votre sort. Vous n`êtes pas faible. Soyez conscientes de votre pouvoir, de votre puissance et avancez. Combattez pour votre destin et défendez votre cause comme une AGOJIE .

Je termine par ce proverbe :  » Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse ne peuvent que chanter la gloire du chasseur. « 

Africain (e) , intéressons-nous à notre histoire et apprenons à la raconter nous-même.

AGOJIE OUSSOU !!!

Crédit photo : Allo ciné, Fdesouche , Sony Pictures , De limburger ,  paytm , D.R.

 

3 comments

  1. Byram 12 novembre, 2022 at 23:39 Répondre

    Ahou..tu m’as même redonné envie d’aller regarder à nouveau le film. Merci….ton compte rendu est vraiment complet 😍😍😍🥰🥰🥰🥰🥰

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