Éducation complète sexuelle : Si on me l’avait enseigné plus tôt

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Après avoir vécu une situation familiale assez complexe qui a conduit au départ temporaire de ma maman, mes premières règles sont arrivées pendant son absence. Mes sœurs ont tenté, avec difficulté, de gérer la nouvelle personne que je devenais.

À cette époque, j’aurais tellement souhaité que maman soit présente afin de m’expliquer ce qui se déroulait et pour quelle raison devais je chaque mois faire face à cette situation désagréable qui me mettait mal à l’aise ?

Que se passait -il avec mon corps? Que faisaient ces deux grosses boules dans ma poitrine pendant que je continuais à jouer à la marelle? Si, j’étais fan de la marelle.

Ce changement perturbait tout, car je devais porter des t-shirts pour dissimuler ma poitrine.

La question de l’éducation sexuelle restait taboue, même après le retour de maman. Il était difficile pour elle de discuter du sujet avec nous, car elle a grandi dans un milieu très conservateur.

Il n’y avait plutôt que cette phrase : « Si tu es enceinte, tu ne pourras plus aller à l’école. »

Ainsi, lorsque quelqu’un m’affirmait que je lui plaisais, je m’en éloignais. J’espérais terminer mes études et rendre fière à mes parents.

J’aurais souhaité qu’on me parle de sexualité plus tôt. Qu’on me donne la signification des règles, du cycle menstruel. Qu’on me parle de la transformation du corps… Qu’était-il nécessaire de faire ou de ne pas faire? En somme, j’aurais aimé recevoir des renseignements.

De nos jours, les choses ont connu une évolution significative. On a Internet et on peut y trouver toutes les informations que l’on souhaite. Toutefois, ces données peuvent être exploitées de manière inappropriée et mal interprétées.

L’éducation sexuelle complète, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne conduit pas à une sexualité précoce ou à une vie sexuelle active et dispersée.

 

Son objectif est de préparer à une vie sexuelle saine, productive et épanouissante dans un monde caractérisé par les violences basées sur le genre (VBG), les grossesses précoces et non désirées, le VIH et autres IST. Elle retarde et incite à adopter des comportements sexuels plus responsables.

Selon des recherches, cela offre aux enfants la possibilité de recevoir des informations pertinentes, sans jugement et adaptées à leur âge et stade de développement.

L’éducation sexuelle aborde la sexualité de façon positive, en valorisant des principes tels que le respect, l’égalité, la non-discrimination, l’empathie, la responsabilité et la réciprocité.

Alors en tant que parents, amies et amis lectrices et lecteurs, il serait pertinent de discuter avec nos enfants, nos petit(e)s sœurs et frères, nos adolescent(e)s et nos jeunes afin de favoriser une gestion plus responsable de leur sexualité, en prenant en considération les risques que cela peut comporter en cas de mauvaise gestion.

 

N’hésitons pas à aborder la question de la sexualité avec nos enfants si nous en ressentons l’envie. Il est aussi possible de les contacter afin de savoir s’ils ont des inquiétudes auxquelles nous pouvons répondre, afin d’éviter de s’adresser aux mauvais conseillers.

Si nous ne sommes pas en mesure de le faire, nous avons la possibilité de nous tourner vers les professionnels de santé appropriés ou même de leur offrir, pour ceux qui ont des smartphones, la possibilité de télécharger l’application « Hello ADO » qui fournit des informations fiables et précieuses sur la sexualité.

Il convient de rappeler que :

 Les problèmes de grossesse et d’accouchement représentent la deuxième cause de décès chez les filles âgées de 15 à 19 ans ;

Dans certaines régions du globe, deux filles sur trois ont affirmé ne pas être conscientes de ce qui se passait lors de leurs premières règles ;

Seulement 34 % des jeunes possèdent des connaissances précises sur la prévention et la transmission du VIH ;

Chaque année, environ 246 millions d’enfants sont victimes de violences de genre en milieu scolaire (maltraitances, intimidations, violences psychologiques, harcèlement sexuel…) ;

Environ 120 millions de filles à travers le monde (soit 1 sur 10) ont été victimes de rapports sexuels forcés, d’autres actes sexuels imposés ou toute autre forme de violence intime à un moment donné de leur vie.

 

Ces chiffres nous interpellent tous. Il est temps d’inclure l’éducation complète sexuelle dans nos habitudes afin d’éviter à nos adolescents et nos jeunes une vie sexuelle trop précoce mal ordonnée afin d’éviter des conséquences qui peuvent s’avérer irréversibles.

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