J’ai été scandalisée par un fait divers qui est l’eau qui a fait déborder mon vase. Une fillette victime de viol commis par un homme de 40 ans qui par la suite a perdu la vie. Un cas de trop parmi tant d’autres que subissent des jeunes filles qui se voient dépourvues de leur fleur à la petite enfance.

Un rapport conjoint de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) effectuée par la Division des droits de l’homme (DDH) de l’ONUCI sur la problématique des viols et de leur répression judiciaire en République de Côte d’Ivoire entre le 1er janvier 2012 et le 31 décembre 2015 a pu révéler des chiffres affolants à cet effet :
– Au moins 1.129 cas de viol affectant 1.146 victimes à travers tout le territoire de la Côte d’Ivoire entre le 1er janvier 2012 et le 31 décembre 2015.- 66 % des victimes étaient des enfants, dont 1% étaient des garçons.

À quoi répond tant de méchanceté ?

Selon ce même rapport, en ce qui concerne la répression judiciaire des viols, sur 1.021 cas, 203 cas soit près de 18 % ont fait l’objet d’un jugement, tous après-avoir été correctionnalisés, c’est-à-dire après une requalification des faits en un délit. 38 cas (soit 3% du nombre total des cas) ont fait l’objet d’un règlement à l’amiable et 14 cas (soit 1% du nombre total des cas) ont été classés sans suite. Pour 56 cas, soit près de 5% du nombre total des cas, les victimes ou leurs familles n’ont pas porté plainte.
Trop c’est trop !! Il faut s’insurger face à de tels actes et mon action est de rappeler qu’en Côte d’Ivoire, la loi réprime très durement le viol. En effet, le code pénal ivoirien en son article 354 stipule ceci :

« Le viol est puni de l’emprisonnement de cinq à vingt ans. La peine est celle de l’emprisonnement à vie si l’auteur :
1°) est aidé dans son crime par une ou plusieurs personnes ;
2°) est le père, un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime, s’il est chargé de son éducation, de sa formation intellectuelle ou professionnelle.
La peine est également celle de l’emprisonnement à vie si la victime est mineure de quinze ans. »

Oui, vous avez bien lu, lorsque le viol est commis sur un mineur, l’auteur peut être condamné à vie.
Le viol est punissable qu’il soit commis sur une jeune fille mature ou pas. Mais la peine est plus sévère lorsque la victime est mineure.
Dans notre cas plus haut, ce quadragénaire obsédé devra donc répondre de ces actes et être puni pour son crime et la peine et c’est l’emprisonnement à vie. Mais puisque sa victime est décédée des suites de ce viol alors en plus d’avoir commis un viol, il y a aussi une autre infraction qui pourrait se rajouter : « L’homicide involontaire ». J’espère personnellement que l’auteur de ce crime sera réprimé durement afin que de telles actions ne soient plus répétées.
Toutefois, la véritable problématique soulevée au-delà des chiffres annoncés dans le rapport susvisé est la minimisation des infractions commises lors des jugements. En effet, alors que tout porte à croire au regard de l’aspect d’atteinte à l’intégrité physique de la victime de viol et des peines prévues par le code pénal, que le viol est un crime, la requalification des faits le font passer à un simple délit. Et l’explication est toute simple : l’infraction de viol n’est pas classée dans le chapitre concernant les crimes et atteinte à l’intégrité physique, mais plutôt dans celui des attentats aux mœurs.

Ainsi, il est difficile pour les juges de qualifier des faits constitutifs d’infractions rangées dans le chapitre des attentats aux mœurs qui sont des délits, de crimes qui sont eux rangés dans le chapitre d’atteinte à l’intégrité physique. Par ailleurs, c’est à partir de cette requalification que le Juge fixe les peines applicables aux cas de viol dont les auteurs sont généralement punis à moins de 10 ans de prison.
Vous conviendrez donc avec moi que la requalification du viol en délit ne répond qu’à des considérations juridiques. Pourtant, cette requalification influe plus sur la sanction encourue par l’auteur de l’infraction que les préjudices qui seront vécus par la victime qui devra seule se reconstruire après l’acte de viol. Cela est inacceptable, car le viol peut gâcher ou du moins gâche la vie de la femme.

Les préjudices moral, physique et psychologique causés, sont énormes. Et pour cause, les victimes de viol sont souvent rejetées de la société. Elles gardent des séquelles émotionnelles qui les empêchent de se resociabiliser et d’avoir des contacts avec des hommes.
Le traumatisme créé les déconnecte de toute activité professionnelle et leur fait perdre des années lorsqu’elles sont dans le cursus scolaire. Beaucoup de ces jeunes filles n’ont pas pu reprendre les études et se concentrer suffisamment après une telle expérience.
Au demeurant, le manque de suivi des victimes de viol par des centres spécialisés les condamne à la prostitution et à la débauche et à toute sorte de vices et pour cause, les victimes de viols se trouvent psychologiquement impurs pour avoir une vie normale.

Imposé une telle situation à une femme et de surcroît une jeune fille mineure sous nos tropiques, c’est pratiquement condamner cette dernière à une vie de douleurs et de souffrance de laquelle elle n’en sortira que très difficilement. Le viol peut détruire toute la vie d’une femme. De tels actes sont donc à bannir dans notre société.
Pour moi, il ne fait aucun doute, le viol est un crime qui doit être réprimé très sévèrement.

Pour finir, il faudrait savoir chers messieurs que les rapports sexuels devraient être consentants et non forcés. Si vous aimez une jeune fille, prière la courtiser dans les règles de l’art. Brutaliser une jeune fille et de surcroît une mineure pour satisfaire sa libido est un comportement animal. Par ailleurs, le refus de se faire rejeter ne peut, ô grand jamais, excuser un tel acte. Se faire rejeter n’a jamais fait du mal à personne et certainement vous trouverez votre bonheur ailleurs.
Pour les victimes, ce n’est pas toujours évident de dénoncer le bourreau, mais le faire vous donnera le pouvoir de l’arrêter afin de limiter les dégâts et d’éviter à d’autres personnes de vivre la même situation que vous. Aussi, cela vous permettra de tourner la page et de reprendre votre vie en main même si c’est une épreuve difficile. Ayez le courage de dénoncer ou d’en parler. Ce n’est pas facile, mais cela vous fera du bien.
Cher (e) s Autorités, s’il vous plaît quand vous recevez des plaintes, prière les traiter et poursuivre les auteurs de ce genre de crime, car très souvent les victimes se rétractent à cause de l’impunité. Rendez leurs justices et empêchez que la liste des victimes ne s’allonge.
Messieurs les Magistrats, je vous saurais gré de respecter les textes et d’appliquer les peines les plus sévères en cas de viol afin de dissuader toute personne qui projetterait de poser de tels actes.
Messieurs les Législateurs, une précision claire de la nature criminelle du viol doit être faite dans le code pénal. Il s’agit d’une atteinte à l’intégrité physique d’une personne qui doit être classée avec les crimes et réprimée avec les peines prévues pour les crimes tout en appliquant strictement la peine privative de liberté à vie pour le cas prévue à l’alinéa 2 de l’article 354. Une telle mesure contribuerait à, mon sens, réduire considérablement le nombre de cas de viol dans notre beau pays.

Que DIEU réconforte toutes ces femmes qui ont subi de tels actes ignobles ; qu’ils vous aident à rétablir votre dignité……

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