« En vertu des droits indéniables qu’a tout peuple de disposer de lui-même, en ce jour béni du 7 Août 1960, je proclame solennellement l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Vive la Côte d’Ivoire ! ».

Après ces quelques mots du père fondateur Félix Houphouët-Boigny, l’Assemblée Nationale ivoirienne tremblait sous les acclamations de joie. Les années de soumission, de domination, de travaux forcés prenaient ainsi fin.

Au-delà de l’arrêt des travaux forcés et autres actes de barbarie perpétrés par les colons pour déshumaniser l’homme noir, cette indépendance faisait une ouverture au droit à l’éducation pour tous. Ce qui a permis à plusieurs femmes de ne pas se limiter à la tendance qui la réduisait aux travaux ménagers, au rôle d’épouse et de mère, et qui devaient rester dans l’ombre.

Depuis lors, elles sont nombreuses à avoir saisi le taureau par les cornes pour porter haut la voix des femmes dans cette société jusque-là masculino-dominant.

Ma première année de fac de droit a été motivée par l’une d’entre elles. Une femme qui a complètement bouleversé ma façon d’appréhender cette filière. À travers elle, je me suis dit que je pouvais devenir une grande femme de droit, car son parcours était affiché dans l’un de mes cahiers de cours de travaux dirigés.

Anne Jacqueline Lohoues Oble, c’est d’elle qu’il s’agit, est d’une de ces femmes de principe qui, par leurs capacités et valeurs intellectuelles, arrivent à imposer le respect qui leur est dû.

 

Modèle de réussite

Juriste et politicienne ivoirienne, issue d’une famille de onze enfants, veuve et mère de quatre filles, Jacqueline Oble devient, en 1983, la première femme Agrégée de Droit privé en Afrique lors du 1er concours CAMES à Abidjan. Première professeure juriste d’Afrique subsaharienne de la faculté de droit d’Abidjan, elle a été également nommée en 1990 Ministre de la Justice et élue députée en 1995. En 2010, elle est la seule femme candidate aux élections présidentielles en Côte d’Ivoire.

Jacqueline Oble participe, en tant que consultante, à l’élaboration de certaines lois sur le droit de la femme, de l’enfant et la famille, des affaires, des assurances, de justice, d’environnement en Afrique. Elle participe régulièrement à des conférences, séminaires dans la sous-région et au-delà.

À titre honorifique, Jacqueline Oble est Chevalier dans l’Ordre des Palmes Académiques de la République Française et Commandeur dans l’Ordre de l’Éducation Nationale de la République de Côte d’Ivoire.

Un parcours d’intellectuelle accomplie qui fait de Jacqueline Oble une femme d’exception qui, aujourd’hui, fait figure d’exemple pour la jeune fille juriste en particulier et la jeune fille tout court.

Femmes indépendantes, femmes motivantes

Aucun domaine ne doit être un mythe pour la femme de la nouvelle génération. De nos jours, la femme possède toutes les potentialités pour réussir. Et de nombreux exemples de réussite le confirment depuis l’indépendance de notre pays. Madeleine Tchikaya (première femme énarque de Côte d’Ivoire, major de la première promotion du cycle supérieur de l’Ena en 1965, option diplomatie), Henriette Dagri Diabaté (Grande Chancelière de l’Ordre national de la République de Côte d’Ivoire), Marie Koré (première femme résistante de Côte d’Ivoire),Jennifer Yhaye (première femme pilote de Côte d’Ivoire), Irie Lou ( femme d’affaire ) ou encore Général Kouamé Akissi, première femme à accéder au grade de Général dans l’armée ivoirienne. Et la liste est longue.

La célébration de l’indépendance de notre pays devrait donc nous inspirer dans la quête de notre indépendance sociale personnelle. Et n’oubliez pas mesdames : la femme fait courir le monde.

Bonne fête de l’indépendance à toutes les femmes battantes , courageuses  et déterminées de Cote d’ivoire !

#IQS2#civ225 #liberté

MAKE-UP : FATOU DIABY
Crédit photo : Philippe Loret

 

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  1. [Superwoman] #IvorianQueen2 : l'hommage de 6 blogueuses aux femmes qui ont marqué l'histoire de la Côte d'Ivoire - Ayanawebzine

    […] Dame qui impose le respect tant par son parcours d’intellectuelle accomplie que par sa dextérité au travail. Elle est la première femme Agrégée de Droit privé en Afrique lors du 1er concours CAMES à Abidjan, première professeure juriste d’Afrique subsaharienne de la faculté de droit d’Abidjan. Veuve et mère de quatre filles, Jacqueline Oble milite pour le droit de la femme, de l’enfant et la famille, des affaires, des assurances, de justice, d’environnement en Afrique. Retrouvez toute son histoire chez Ahou l’Africaine en cliquant ici.  […]

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