Le secteur de l’humour en Côte d’Ivoire est dominé par les hommes. On peut notamment citer Ramatoulaye, Magnific, Enk2k, Joël, Agalawal, Abass. Très peu de femmes font les beaux jours de cet art. Adrienne Koutouan, de l’ancienne génération, est l’une d’entre celles qui sortent du lot.

Pour la nouvelle génération, Prissy La Dégammeuse est celle qui a bouleversé l’ordre des choses et est train de bien se positionner. Son « One Woman Show » (le premier) aura lieu ce 27 mai 2017.

Pour vous, elle a accepté de répondre à nos questions.

Bonjour Prissy. Comment vas-tu ?

Si on te demandait de choisir :

  1. Café au lait + omelette ou riz couché ?

Riz couché. Pour plus de précisions, riz couché avec sauce combo ou graine.

  1. Foutou sauce graine avec escargot ou soupe de cabri + attiéké ?

J’aime l’escargot mais je n’aime pas le foutou. Mon choix est donc la soupe de cabri.

  1. Gnonmi + coco baca ou pain-chien ?

Gnonmi + coco baca

Tu es danseuse-chorégraphe à la base. Mais, c’est en tant qu’humoriste que tu te fais connaitre. Qu’est ce qui a déclenché ce penchant pour l’humour ?

Un peu difficile, vu que je faisais ma comique et que mon entourage appréciait. Mais, ce qui a réellement déclenché, c’est le buzz de la parodie de la chanson de Yemi Alade Johnny en Dioula.

D’où t’es venu l’inspiration de retransmettre cela en vidéos ?

Comme je le disais plus haut, tout a décollé à partir de la parodie de la chanson de Yemi Alade Johnny en Dioula. Ensuite, il y a eu celle de Singuila et le nombre de mes abonnés a commencé à s’accroître. Alors, nous nous sommes dit qu’il fallait qu’on professionnalise en y ajoutant des thèmes un peu plus sérieux, mais avec un petit grain d’humour pour décrier quelques tares de notre société.

Le domaine de la comédie, du spectacle est dominé par les hommes. Tu n’as pas eu peur de te lancer en tant que femme ? Qu’est ce qui t’a motivée ?

Ce sont mes abonnés. Tous ces messages d’encouragements, les mots gentils, des abonnés qui me disent : « On était de mauvaise humeur, mais à la vue de tes vidéos, nous sommes heureux. »

Nous sommes la jeune génération Papouni, Ange Wilfried et tous les autres. Chacun a son talent. Mais, mes fans sont ma plus grande satisfaction. Ils sont ma réelle motivation.

Comment fais-tu pour garder le cap quand tu rencontres des difficultés ?

Au lieu de m’attrister et me morfondre, je regarde des vidéos drôles et je pense à toutes les choses que j’ai pu réaliser de positif et je me dis qu’il n’y a pas besoin de me ressasser toutes les mauvaises et douloureuses épreuves du passé.

Je me concentre sur le positif et me dis qu’il ne faut pas que cela s’arrête, je dois viser le meilleur et être meilleure pour procurer un peu de joie à tous ceux qui me suivent

Dans tes vidéos, tu décries souvent des faits de société. Te positionnes-tu comme quelqu’un qui veut attirer l’attention et éveiller les consciences ?

Avant tout, je tiens à préciser que Prissy n’est ni parfaite ni sainte. Ce que je décris dans les vidéos, ce sont, pour la plupart, des choses que j’ai vécues et dont je ne suis pas forcément fière.

Alors les retranscrire par mes vidéos permet, en quelque sorte, de sensibiliser et je me dis : « Si, par l’humour, je peux arriver à faire changer les choses tant mieux ».

Est-ce que l’humour « fait vivre » Prissy ? Est-ce que Prissy gagne bien sa vie avec l’humour ?

Oui et non. Car le but premier d’un humoriste, c’est de faire rire et faire passer de messages. On le fait par plaisir, par passion. Maintenant, il peut s’avérer que des personnes t’apportent des cadeaux ou te contactent, des sociétés te contactent ou que tu fasses des One Man Show. Là, tu peux en tirer profit.

Alors, je le redis, car c’est assez perplexe : oui et non, Prissy gagne bien sa vie avec l’humour.

Parle-nous de Prissy, la personne lambda. Que fais-tu lorsque tu n’es pas en train de tourner une vidéo ou animer une émission ?

J’aime dormir. Rien d’autre.

Quels sont les projets de Prissy ? Pourrait-on te voir un jour dans autre chose que la danse ou l’humour ?

Chercher à me professionnaliser. Faire des voyages et des formations pour mieux m’outiller car je veux devenir une professionnelle de la chanson, de la comédie, bref de tout ce que je fais.

Et là, nous sommes en préparation du premier One Woman Show de Prissy, le 27 mai au théâtre de la cité rouge (Cocody). J’invite tout le monde massivement.

Que peux-tu dire à toutes ces jeunes filles qui veulent se lancer dans une activité ou s’adonner à leur passion, mais qui sont encore hésitantes ?

Ce que je peux leur dire c’est de ne pas hésiter. Faut pas se dire qu’on ne peut pas. Cette hésitation est le réel problème des jeunes filles. Il faut être audacieuse et ne pas se mettre de limite.

Il n’y a pas de poste de réussite. Il suffit de prendre son activité au sérieux et d’y mettre du sien et de s’investir. Tous les postes peuvent mener à la réussite. Tout dépend de comment tu gères ton activité.

Je connais des vendeuses de bissap qui importent aujourd’hui leurs marchandises vers des destinations internationales.

Il faut arrêter de croire que c’est lorsqu’on est belle que l’on réussit. Il faut mettre en avant ces compétences intellectuelles et ne pas trop compter sur sa beauté. Il faut puiser à l’intérieur de soi pour trouver le talent que Dieu t’a donné et le mettre en valeur. Il faut se prendre en charge. C’est important.

Un dernier mot pour mes gos Ahou…

Je dis merci à Dieu. Je te remercie pour cette aubaine, Ahou. Merci à mes grâces mes abonnés. Merci à tes abonnés Ahou qui sont aussi mes abonnés. Merci à toutes ces personnes qui nous soutiennent, nous jeunes filles, nous positionnent et nous encouragent à faire mieux. On a besoin d’eux afin de changer l’image de notre très belle Côte d’Ivoire pour que nous soyons et que nous fassions partie intégrante de cette nouvelle jeunesse africaine qui veut donner une autre image du continent.

Que DIEU nous garde.

Au travers de cet entretien, Prissy la dégammeuse nous démontre que tout est possible, si l’on est déterminé à atteindre ses objectifs, en y mettant du sien, en faisant du travail et de la persévérance des priorités.

Elle a également fait mention du fait qu’il n’y ait pas une activité prédéfinie ou préétablie pour réussir. Il suffit d’avoir des activités saines de se donner les moyens d’avoir un bon rendu.

N’oubliez pas : rendez-vous le 27 mai au Théâtre de la Cité Rouge à Cocody pour soutenir Prissy la dégammeuse.

Crédit photo : Prissy

 

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