Dans mon enfance, nous fréquentions une tata du quartier, amie de ma mère. Un jour après le déjeuner, voulant la remercier, je la surprends en pleurs. Je me suis demandé pourquoi une si belle femme pouvait pleurer de cette manière. J’ai raconté cette scène à maman. Elle m’a répondu : « tu es trop jeune pour comprendre ».

Au cours d’une autre visite, la tata m’a avoué que si elle le pouvait, elle nous garderait chez elle. Car ce serait une source de joie. En effet, elle était mariée, mais n’avait pas d’enfant. Etant très jeune, je compris la tristesse et le désarroi qui s’emparaient d’elle quand nous devions rentrer chez nous.

Elle a ensuite quitté notre quartier et, quelques années plus tard, nous nous sommes revues. Son mari avait demandé le divorce et, chose curieuse (pour moi, en tout cas), elle était enceinte de son nouvel époux. Miracle ou erreur de diagnostic ? De jugement ?

Femme stérile, femme « pécheresse »

Nous faisons très souvent preuve de méchanceté envers ces femmes qui ne peuvent pas connaitre la joie d’être mère et la douleur de l’enfantement.
Sous nos tropiques, elles sont très souvent stigmatisées au point d’être traitées de femmes au cœur noir. Pour la plupart des couples qui ont du mal à avoir des enfants, on a toujours tendance à imputer la responsabilité à la femme. Alors qu’il peut en être autrement. Comme le démontre l’histoire de ma tata.
La femme dite stérile est sujette à des critiques virulentes de la part de sa famille, surtout sa belle-famille. Et, comme si cela ne suffisait pas, vont s’ajouter le voisin, le quartier, et même la communauté religieuse qu’elle fréquente. Triste et pénible.

Comble de toute souffrance, la personne qui doit être son soutien finit par céder aux menaces de sa famille. Le conjoint, qui devait être compréhensif et aider à trouver des solutions, ne trouve pas d’autre alternative que de faire des enfants dehors pour les apporter à sa femme. Celle-ci devra s’en occuper. Devenant du coup une nounou dont la responsabilité est d’éduquer les enfants d’une autre, qui la nargue.

Indulgence et soutien mutuel

Aujourd’hui, la science a bien avancé. Les examens médicaux peuvent prouver qu’autant une femme peut avoir des problèmes pour procréer, autant l’homme, ce grand chef viril, peut également être atteint de stérilité. Eh oui !!!

Dans ce cas, on demande à la femme d’être un soutien infaillible à ses côtés. Elle n’a pas le droit de tricher, comme le ferait certains maris sans hésiter. La belle-famille, prompte à invectiver la belle-fille stérile, va utiliser toutes les stratégies pour la convaincre de rester prêt de cet homme impuissant. Comme la vie peut être drôle.

Être stérile n’est le souhait d’aucune femme. Toutes désirent être fécondes. La femme qui ne peut procréer n’est pas le diable, ni une femme au cœur noir. Elle a besoin d’être soutenue, surtout par son mari, car cela peut ne peut pas être de son fait, mais celui de son mari.

Soyez donc indulgents et compréhensifs envers elle. Recherchez ensemble une solution pour le bien de votre foyer au lieu de lui jeter la pierre et la traiter de tous les noms. Nous sommes au 21e siècle. La médecine dispose de solutions adéquates pour remédier à la stérilité. Alors, messieurs, avant de vilipender et jeter les bagages de votre épouse, cherchez savoir si le problème ne vient pas de vous.

Que le SEIGNEUR accorde la grâce à chaque femme d’être mère et qu’Il écoute les prières de celles qui sont à la quête d’un enfant… Sarah a enfanté à 90 ans. Alors, gardez espoir !!!

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